les compromis

25 août 2012

Source

« Un compromis fait un bon parapluie mais un mauvais toit. »

de Robert Lowell

Depuis tout petit, on apprend que dans la vie, on ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut, il faut faire des compromis … Des compromis, nous en faisons donc régulièrement. On nous dit même que c’est la base d’un couple … nous y sommes donc rodés.

Seulement, en fait, les compromis ne sont pas de si bonnes choses – surtout en ce qui concerne la consommation …

En faisant le tri pour le projet 333, je me suis rendue compte que tout ce dont je me débarrassais sans peine avait été acquis à défaut d’autre chose … sur la base d’un compromis avec moi même, je m’achetais des vêtements plus ou moins satisfaisants, ressemblants vaguement à l’idée que je m’en faisais.

Aujourd’hui, je cherchais un gilet noir. C’est basique un gilet noir. Basique et en même temps, il en existe une multitude de formes. Impossible de trouver LE gilet que je voulais …. soit trop court ou trop long, trop serré ou trop loose, ou pire : le gilet parfait mais pas de la bonne couleur … rageant.

Fut un temps j’aurais choisi un gilet par défaut. Après tout, un gilet noir c’est un gilet noir.

Et c’est là que se situe l’erreur. Un gilet noir qui ne me plait qu’à moitié pour lequel j’aurais donc fait un compromis m’aurait laissée insatisfaite et donc toujours en recherche. Oui, j’aurais bien eu un gilet, mais pas celui que je recherchais, celui que j’attendais, celui qui irait avec tout, qui serait de mon style.

Et c’est ainsi que l’on se retrouve avec une armoire pleine et toujours rien à se mettre …

Aujourd’hui, j’ai redonné le gilet à la vendeuse, étonnée qui m’a demandé si j’étais sure de ne pas le regretter … J’ai trouvé sa réflexion très étrange … mais je l’ai rassurée en lui disant que je reviendrais le chercher si l’envie était trop grande …
Aujourd’hui je suis heureuse de participer au projet 333 qui me permet de réfléchir véritablement à la composition de mon dressing, à ce que je veux, à ce qui me va. Parce que depuis que je « suis dedans », je n’y trouve que des avantages … et les compromis, je les évite.

Et ce qu’il ya de bien, c’est que cela s’applique à tout les domaines …

 

Quand on est pris dans le tourbillon de la vie, et justement à ce moment là, il est utile de se prendre du temps, rien que pour soi :

pour penser

pour réfléchir à son passé, son présent, son futur

pour se faire du bien : lecture, peinture, couture, bricolage, tout ce que l’on ne fait pas « parce qu’on a pas le temps » alors qu’en fait, on ne le prend pas ce temps

pour simplifier son intérieur

pour aller à l’essentiel …

parce que c’est justement à ce moment précis qu’on en a le plus besoin …

 

Le projet 333 est un projet né outre atlantique qui a pour but de limiter sa garde robe à 33 articles pour 3 mois- chaussures et accessoires compris. Ainsi, on redécouvre sa garde robe et l’utilise pleinement. Et on s’aperçoit même des fois que finalement, on a encore des affaires que l’on n’utilise pas.

Il semble que le projet ait soulevé un fort enthousiasme !

Dans la même veine, 6 items or less (pas de lien de blog, il semble qu’il n’existe plus ), projet sur un mois qui vous fait choisir 6 articles de votre garde robe. Un grand sens de la créativité est demandé pour ne pas avoir l’impression de porter tous les jours la même chose mais une certaine liberté ressentie apparemment. De toute façon, le vide aide à la créativité … et tous les accessoires sont autorisés.

The uniform project, ou comment porter différemment une petite robe noire tous les jours pendant un an … (avec un but humanitaire derrière quand même : récolter de l’argent pour envoyer des enfants à l’école )

Tous ces projets visent à nous faire évaluer notre rapport aux vêtements, à nous même également et à ce que nous consommons. Le fait d’évaluer réellement notre garde robe, de faire des CHOIX, de nous responsabiliser face à notre armoire, nous permet de définir notre style, celui qui nous convient, dans lequel nous nous sentons bien, pas une autre, pas le nous d’avant ou le nous désiré, juste nous à l’instant T.

Prendre conscience également de tout ce gaspillage, qui a un coût, écologique et économique. Attention, n’y lisez pas là une culpabilisation de plus, non, effectivement nous sommes responsables du gaspillage de ces vêtements bon marché, mal taillés, produits en masses par des populations sous payées. Évidemment. Mais ce n’est pas une raison pour sortir fouet et martinet, non, la prise de conscience est un bon premier pas, les suivants nous amènent à consommer autrement.

Ces défis sont assez inspirants je trouve … Et vous ? Seriez vous tentés par ce genre de challenge ?

Comme vous le savez, je rentre de vacances … et comme tout le monde – même si j’ai fait très attention cette année- je suis rentrée avec des affaires que je n’ai pas porté … C’est normal, me direz vous, c’était les vacances.

Oui, mais cela nous enseigne quand même quelque chose : on peut toujours se débrouiller avec moins. Et quelle sensation de liberté ! Nous avions loué une petite maisonnette, petite mais suffisante, équipée juste ce qu’il faut. Bon, je ne dit pas, pour la vie de tous les jours, il manquait quand même un canapé et quelques accessoires … Mais pendant 2 semaines nous avons réussi à vivre très correctement avec beaucoup moins que d’habitude et il me tardait presque de rentrer -je dis bien presque – pour pouvoir alléger encore ma maison. En ce qui concerne les vêtements, cela montre vraiment que nous portons essentiellement les vêtements dans lesquels nous nous sentons bien donc pourquoi s’alourdir avec les autres ? L’excuse du « oui mais un jour je peux avoir envie de les porter  » ne tient pas … Non, si on ne va pas instinctivement vers eux c’est qu’ils ne sont pas fait pour nous …

C’est une bonne image à garder je trouve : nos vacances pour nous rappeler que non, nous n’avons pas besoin de nouvelles bottes, d’un nouveau robot ménager, d’un nouvel outil de jardinage, …

Savoir où l’on va

25 juin 2012

« A celui qui ne sait pas vers quel port il navigue, nul vent n’est favorable « 

Sénèque

Choisir une destination est essentielle, elle nous guide et nous aide à garder le cap, quand on ne sait pas où on va, ni vers où on veut aller, il est difficile de s’y rendre. C’est une vérité tellement évidente qu’on y prend plus tellement garde. C’est vrai dans le concret évidemment, mais aussi plus symboliquement au niveau de la gestion de notre vie. Il est important à un moment donné de se poser pour réfléchir à ce qui compte pour nous – réellement je veux dire. Ce que l’on veut faire de sa vie, il faut prendre le temps d’y penser afin d’être maitre de son destin. Il est facile de se laisser porter par une vague et d’attendre que cela passe, ainsi les évènements qui arrivent sont le signe du destin, la malchance ou que sais je … Il faut garder à l’esprit que nous avons le choix, nous sommes responsable de notre vie. Bien sur, nous ne pouvons pas tout contrôler mais ce que nous pouvons maitriser c’est la réponse que nous apportons à une situation donnée, les choix que nous faisons alors. Et ces choix nous ne pouvons les faire qu’en connaissance de cause : lorsque l’on sait vers quel but on tend il est tout de même plus facile de trouver une réponse.

Temps utile

20 juin 2012

Ne perds pas de temps en vaines pensées et bavardages. Utilise chaque instant en pensées et en paroles aimantes, positives, constructives. Rends-toi compte que les pensées que tu projettes peuvent aider ou abîmer; par conséquent, sois maître de tes pensées et de tes paroles et non leur esclave. Pourquoi ne pas jouir pleinement de la vie? Tu ne peux le faire que lorsque tu donnes le meilleur de toi en temps, en paroles et en actes. Ouvre les yeux et ouvre ton cœur, vois et sens le meilleur en tous et en tout autour de toi. Si tu as de la difficulté à trouver le meilleur, continue simplement à le chercher jusqu’à ce que tu l’aies trouvé; il est là qui t’attend.
Il y a beaucoup de choses merveilleuses dans le monde. Pourquoi ne pas prendre du temps pour te concentrer sur elles et en remplir ta vie, afin que celles qui sont déplaisantes, malheureuses et discordantes ne puissent y trouver place? La vie est ce que tu en fais. Que fais-tu de la tienne?

La petite voix, méditation quotidienne de Eileen Caddy

Combien est assez ?

12 juin 2012

Je n’ai pas de réponse toute faite …

Malheureusement.

J’ai cherché pourtant … ce serait tellement plus simple d’écouter quelqu’un nous dire : voilà, pour fonctionner correctement (que ce soit beau, correct, éthique, durable, écolo et j’en passe ), il faut X assiettes, Y débardeurs dans la garde robe, telles poêles, tant de meubles … et Z somme d’argent pour vivre.

Oui, ce serait plus simple.

Et c’est ce que je recherche la simplicité… voir même le minimalisme. Parce qu’à évoluer dans cette « sphère » là, on se rend compte que moins on en a mieux on se porte … aussi surprenant que cela puisse paraitre …

Bien sur, il n’est pas question de vivre dans une pièce vide, ni à la façon des moines bouddhistes -encore que nous serions sans doute beaucoup moins sujets au stress- mais il est franchement agréable de constater que finalement, nous avons besoin de beaucoup moins que ce que l’on croit- ou qu’on veut bien nous le faire croire …

Parce que sans le matraquage publicitaire, nous ignorerions qu’une nouvelle version W est sortie et qu’il nous la faut absolument. Ainsi le discours « travailler plus pour gagner plus » perdrait de son attrait. Parce que prendre conscience de nos véritables besoins c’est aussi se rendre compte qu’acheter une énième crème à l’acide hyaluronique ne nous rendra pas plus heureux.

Encore une fois, il n’est pas question de vivre déconnecté du monde mais bien justement de s’y connecter. Il y a tellement à gagner à se sortir du consumérisme et de l’accumulation ! On passe moins de temps à :

  • vouloir quelque chose
  • se renseigner à propos de cet objet
  • aller l’acheter
  • l’entretenir

Tout ce temps, on peut alors le passer à :

  • voir et profiter de nos proches
  • lire
  • développer des aptitudes artistiques ou sportives
  • se promener
  • rêver

A quoi sert il en fait d’accumuler plus de choses que ce dont on peut se servir ?

Il m’arrive très souvent de me désespérer devant mon armoire parce que je n’ai rien à me mettre (comme beaucoup je suppose ). Alors qu’on peux raisonnablement dire qu’elle est pleine. Pleine de vêtements neufs ou non mais qui finalement ne me servent pas.

  • parce qu’ils ne me correspondent pas
  • parce que rien ne va avec (pas de chaussures assorties par exemple )
  • parce qu’ils sont trop grands ou trop petits

Pourtant elles restent là ces affaires … Pourquoi ?

  • parce qu’elles m’ont couté cher (et que je culpabilise ou que je thésaurise allez savoir…)
  • parce que j’envisage de « tailler » dedans pour faire de nouveaux vêtements aux enfants
  • parce que j’ai peur de regretter
  • parce que cela correspond à un souvenir
  • parce que cela peut toujours dépanner

Les excuses sont nombreuses et s’appliquent à tout les domaines …

Or, je sais très bien que si je m’en débarrasse, ces affaires ne me manqueront pas (ou bien une minorité) et que je risque même de  les oublier …

Mais c’est le premier pas à faire qui est compliqué, la recherche de simplicité n’est pas simple ! Elle requiert quand même certains efforts de réflexions, de prise de conscience. Alors qu’il est beaucoup plus facile finalement de se glisser dans le moule et de consommer à tout bout de champs ! (D’autant qu’on nous dit que c’est bon pour la santé de notre pays …) C’est plus facile mais on voit bien que la consommation ne nous rend pas heureux ! Elle nous rend même tristes, fatigués, envieux même. Se définir une limite finalement aide à y voir plus clair, réduit notre niveau de dépense et apaise notre esprit. Je n’ai cependant pas envie de me fixer de limite  immuable mais tout du moins un axe.

Je ne sais plus où j’avais lu que lorsqu’on faisait l’expérience du vide, on avait du mal à revenir à la normale … Je veux bien le croire ! Plus je désencombre mon intérieur, moins j’ai envie d’acquérir de nouvelles choses (au grand désespoir de l’homme qui lui n’a pas encore fait ce chemin ). Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai, j’aimerai pouvoir remplacer en fait, certaines de mes possessions par des objets plus simples, intemporels et assortis entre eux.

Cela viendra … avec le temps …quand j’aurais réussi à définir combien est assez …


Et vous, vous les avez trouvé vos limites ?